Prévention

Prévenir, c’est comprendre

Internet est une richesse. Les médias sociaux sont des outils de sociabilité. Témoigner de son amitié, déclarer son amour, officialiser son couple, négocier l’appartenance à un groupe, à une communauté, dire sa déception, partager son désarroi, montrer que l’on a une vie privée… tout en préservant une sphère secrète… voilà quelque exemples de ce qui se négocie aujourd’hui sur les médias sociaux, en continuité (ou pas) avec les relations sociales directes.

Sans comprendre pourquoi les jeunes font ce qu’ils font, quel sens est investi dans les usages quotidiens et routiniers des médias sociaux, on ne peut pas prétendre prévenir quoi que ce soit. Les jeunes sont saturés de messages préventifs, de directives, de mises en garde. Ils le disent eux-mêmes en entretien, la prévention qui édicte des règles sans connaître les pratiques effectives et leur sens n’est pas efficace, car perçue comme alarmiste et moraliste

On n’éduque pas en faisant peur.

Les médias sociaux ne peuvent être comparés à la consommation d’alcool au volant.

Eriger des normes, c’est créer l’envie de les enfreindre.

Aujourd’hui, les adolescents sont confrontés à de nombreux mésusages d’Internet et expérimentent des conflits aux formes et aux implications nouvelles. Prévenir les risques de cyberharcèlement tels que les lynchages collectifs, les usurpations d’identités ou le partage abusif de contenus intimes doit impérativement passer par une compréhension des mécanismes qui ont mené à ces abus. C’est en créant des espaces de réflexion et de débat que nous pourrons cerner et contenir les débordements, et par conséquent les prévenir. Dans les ateliers de prévention que je propose, nous travaillons avec des extraits d’échanges issus des médias sociaux, afin de questionner ce qui « va de soi » et de s’interroger sur les motivations et sur les implications de tel ou tel acte.